A Calais (France) avec les réfugiés

Domenica bavardant dans la cuisine.

Par Domenica Ciliberti (Londres, R.U.)

Pour participer personnellement au 150ème anniversaire des SMNDA, j’ai envisagé d’aider les réfugiés à Calais (France). Le père Johannes, un bénédictin, m’a offert un logement. Ils accueillent et soutiennent 20 réfugiés érythréens.

A mon arrivée, j’ai vu que la maison avait besoin d’organisation. J’ai arrangé des armoires et d’autres choses… J’ai pris le temps de parler avec les jeunes réfugiés, avec l’aide de l’un d’entre eux qui parlait un peu d’anglais. Chaque jour après le dîner, les réfugiés priaient pendant 45 minutes. Ils lisaient la Bible, chantaient des chants religieux et les rythmaient en tapant des mains. A la fin, leur chef répandait de l’eau bénite sur chacun. Le père Johannes, les autres volontaires et moi-même, nous participions à leur prière. Le dimanche, d’autres réfugiés venaient prendre une douche et faire leur lessive. Entre leurs corvées, ils jouaient et nous rejoignaient pour le dîner. À la fin de la journée, ils priaient avec nous environ deux heures.

Domenica avec un groupe de réfugiés Érythréens.

Quelques matins, avec des volontaires, je distribuais du thé chaud et des biscuits sur les routes où les réfugiés nous attendaient par un temps froid et humide. Ils espéraient sauter dans un camion qui ralentirait et sur lequel ils tenteraient d’atteindre le Royaume-Uni. Les réfugiés font face à de grandes injustices et à une violence quotidienne. La plupart de leur temps, nuit et jour, ils le passent sur la route, essayant sans relâche de monter dans un camion. Quand ils sont attrapés par la police, ils sont battus et attaqués avec des pistolets à poivre. Ils reviennent à la maison battus, saignant et avec des yeux rouges et douloureux à cause du spray au poivre. Non seulement la police les traite mal, mais parfois les conducteurs qui les attrapent en essayant de pénétrer dans leurs camions le font aussi, car ils risquent de perdre leur emploi s’ils sont pris avec des réfugiés à bord.

Les réfugiés qui n’ont pas accès à un abri de nuit ou de jour sont plus vulnérables et sont dangereusement exposés à l’alcool, aux drogues et à toutes sortes d’abus. Une partie de la population est consciente des difficultés que traversent les réfugiés et offrent leur aide de toutes les manières possibles. Parfois, pendant qu’ils essaient de monter dans un camion, la police leur prend leurs sacs de couchage et leurs couvertures. Pour la plupart des réfugiés, la France n’est qu’une escale vers le Royaume-Uni. Mais le grand contrôle de la frontière entre la France et le Royaume-Uni rend très difficile d’atteindre le Royaume-Uni.

Beaucoup de choses m’ont frappé à Calais, en particulier les très longs murs construits pour empêcher les réfugiés d’entrer au Royaume-Uni. Je n’oublierai jamais la vue de la «jungle de Calais». Là où dans le passé, il y avait entre quinze et vingt mille réfugiés venant de divers pays du tiers monde, espérant une vie meilleure au Royaume-Uni, ne reste que des montagnes de cendres car le gouvernement français l’a incendié.

Des personnes et des groupes français et étrangers, ainsi que certaines communautés comme L’Arche et Taizé, viennent en aide: des dons, socialiser avec les réfugiés, prier avec eux, leur enseigner l’anglais / français, partager leurs repas avec eux… Quelle chance d’avoir eu l’opportunité d’aider les réfugiés à Calais ! Je suis reconnaissante à ma communauté et au Père Johannes de l’avoir permis. n

 

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