Une attention aux jeunes filles à Ouagadougou

Sr. Hélène de garde dans un Centre de santé d’Ouagadougou.

Je vis la mission JPIC-RD dans mes stages aux centres de santé et à  l’hôpital. Pendant les gardes je rencontre beaucoup de gens, mais je suis surtout attentive aux jeunes filles pour les aider à exprimer leur désarroi. Souvent c’est le manque d’argent pour payer la consultation ou acheter les médicaments…, mais parfois ce sont des problèmes plus graves.

Dans les centres de santé publique, les infirmières laissent le travail aux stagiaires pendant les gardes de nuit.

Beaucoup de jeunes filles viennent à la consultation la nuit.  Un jour, deux filles de 14 ans sont arrivées. L’une se cachait derrière l’autre, pour ne pas être reconnue ! Nous les avons  accueillies en attendant les infirmières. Celle qui était malade pleurait, tout en répétant « aidez-moi s’il vous plait ».  Elle a donné comme adresse, le restaurant où elle travaille. Elle ne veut pas que le propriétaire sache qu’elles sont sorties car il pourrait leur punir. Elle dit travailler dure jour et nuit, surtout les jours de fête. Le patron l’empêche de sortir et je découvre qu’il est l’auteur de la grossesse, mais il lui a défendu de le dénoncer et elle a avorté. Je lui ai expliqué les risques pris et le danger où elle se trouve. Elle me dit aimer les enfants, mais elle a fait cela parce si ses parents au village le savait, elle serait exclue de la famille. Je lui parle des centres  qui accueillent des jeunes filles exclues de leurs familles. Elle semble apprécier, mais deux jours après, elle s’enfuie de l’hôpital, cessant son traitement. Nous recevons beaucoup de cas semblables. Je les accueille, les conseille et les soigne, et je leur donne certaines informations.

Un autre jour, nous avons reçu une autre jeune musulmane  de 17 ans, chassée par sa famille. Elle travaillait comme bonne. Quand elle est tombée malade, elle a été chassée de cette famille. Elle n’avait rien avec elle. J’ai présenté son cas à sœur Maria (sœur Camélienne, responsable du dispensaire). Elle l’a pris en charge et plus tard une infirmière l’a prise chez elle. Ces situations sont des occasions pour en parler à mes collègues, spécialement celles qui emploient des petites bonnes pour le ménage. Je les sensibilise pour qu’elles traitent bien ces filles et qu’elles leur paie un juste salaire. n

 

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