Nos communautés célèbrent la Journée contre la traite humaine

Le 8 février est la fête de Ste Bakhita, une femme esclave qui s’est battue pour sa liberté, et est devenue chrétienne, puis religieuse canosienne et a été faite sainte. 

Le Pape François a instauré la journée du 8 février  comme Journée Internationale de sensibilisation et prière contre la traite humaine.

La congrégation des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique célèbre cette journée dans ses communautés et, quand c’est possible avec d’autres, pour sensibiliser le public au problème de la traite et les inviter à lutter contre ce crime.

Nous présentons  comment cette fête a été célébrée dans certaines communautés.

A Bobo Dioulasso (Burkina Faso)

Par Angela Kapitingana, communauté Bobo-Dioulasso

Le comité ‘Thalita Kum Bobo’ et les deux témoins migrants.

Le comité contre la traite des êtres humains, auquel Angela appartient, a réfléchi sur comment sensibiliser la population à la réalité de la traite des êtres humains dans le pays et dans le monde. Elles ont invité un jeune homme à raconter son histoire de traite des migrants dans la région, pour montrer que la traite est une réalité dans notre région et à appeler à lutter contre elle.

Le 7 février, nous avons célébré une veillée de prière sous le thème Migrations sans traite humaine. Le partage d’Issa du Mali et de Yao de Côte d’Ivoire, sur leur expérience d’être trafiqués, la souffrance et la torture vécues dans le désert, étaient touchants et douloureux. On avait proposé à Yao de vendre du cacao, pour avoir une meilleure vie en Italie. Mais l’argent a été pris, et il a dû travailler dur. Il a été torturé jusqu’à son évasion de Libye. Pendant des mois, il a traversé le désert à pied ou en camion. Il est resté coincé à Bobo. Il passait ses nuits à la gare routière, cherchant de l’aide pour atteindre son pays. Un bon Samaritain l’a dirigé vers les sœurs pour obtenir de l’aide. Les cicatrices dans son corps montrent l’authenticité de son histoire. Après, nous avons passé une vidéo sur la traite d’enfants en Afrique de l’Ouest. Nous avons gardé un moment de silence pour ceux qui sont morts en essayant d’atteindre l’Europe. «Nous n’avons jamais pensé que cela se passait près de nous», ont dit beaucoup. Les jeunes travailleuses domestiques, un phénomène commun autour de nous a attiré l’attention. Après chaque prière d’intercession, une bougie était allumée par les témoins et les membres de Talitha Kum Bobo, et placée devant l’image de Bakhita. Nous avons prié pour les victimes de la traite des êtres humains et pour les responsables de cet horrible crime.

Le 8, fête de Ste Bakhita, le comité a animé l’Eucharistie. Nous avons expliqué la mission de Talitha Kum Bobo et présenté les différentes formes de traite dans notre région: travail forcé des enfants (champs de cacao pour les garçons et le travail domestique pour les filles); mendicité forcée, abus sexuel… Des jeunes hommes et femmes se voient promettre des emplois bien rémunérés en Europe, ils signent des faux contrats, et se retrouvent victimes de la traite des êtres humains …

Un appel a été lancé aux religieux hommes et femmes pour qu’ils rejoignent Talitha Kum Bobo pour lutter contre la traite des êtres humains. Ce n’est que dans le cadre de la collaboration et de la mise en réseau des savoirs faire contre l’un des principaux crimes d’aujourd’hui que la traite des êtres humains, sera éliminée. n

A Paris (France)

Par Begoña Iñarra, communauté Gay Lussac (Paris)

A la communauté de Gay Lussac, la veille de Ste Bakhita, nous avons eu une célébration pour prier pour les victimes de la traite, avec la Parole de Dieu, un psaume actualisé où nous invoquions Dieu en leur nom, et lecture de témoignages.

Des femmes nigérianes dancent pour Ste Bakhita

Au Centre d’accueil Bakhita de l’association Aux Captifs la Libération, où Begoña est engagée, la ‘prière de rue’ de février fut dédiée à Ste Bakhita. Des victimes de traite nigérianes qui fréquentent le centre, lui avaient composé un chant qu’elles ont dansé dans la chapelle. Une des victimes qui lisait sa biographie n’a pas pu continuer à cause des sanglots. La vie de Bakhita parle à ces femmes… Un souper thaïlandais, nous réunit dans une atmosphère conviviale.

A la paroisse St Gilles St Leu le dimanche suivant la fête de Ste Bakhita, Begoña a animé une partie de la Journée paroissiale. L’Eucharistie a commencé par une présentation de la traite. Dans son homélie Begoña a fait le lien entre le lépreux qui approche Jésus pour être guéri et les victimes de la traite d’aujourd’hui. Après le repas qui réunit la communauté paroissiale, Begoña a présenté un petit film sur Bakhita qu’elle avait préparé.

A Ouagadougou (Burkina Faso)

Par la Communauté d’Ouagadougou

Le 8 février, fête de Sainte Bakhita, nous avons invité à notre prière du soir, la communauté des Sœurs de l’Immaculée Conception. C’était une belle occasion pour tisser des liens, échanger sur la souffrance de nos frères et sœurs victimes de la traite et partager le souper dans un esprit fraternel.

A Cologne (Allemagne)

Par Gisela Harth, communauté Cologne

« Le  voyage vers les périphéries n’est pas seulement physique, mais c’est aussi un voyage où je peux avancer avec la passion de mon cœur, la force de la prière, l’intérêt pour ce qui se passe et le souci d’atteindre les autres aux franges de l’humanité. »

Ces paroles du dernier chapitre général ont été un beau cadeau pour les sœurs âgées. Allant vers les périphéries par un mouvement intérieur, nous étions prêtes à répondre à la suggestion des deux Conseils, de marquer la Journée Mondiale contre le trafic des êtres humains par une prière commune. Ainsi, le 9 février, les 4 communautés de Cologne se sont réunies à Klettenberg. Toutes y étaient ! Même notre Sœur Franziska, 103 ans, ne manqua pas au rendez-vous.

Nous avons utilisé la structure de la vigile proposée par Begoña dont la traduction en allemand a été faite par différentes sœurs. Lors de la prière chaque traductrice a lu son texte, suivi par un chant. Une chaine en carton noir, où à l’intérieur des maillons étaient les intentions de prière, étaient placées sur une table basse au milieu de la salle. À la fin de la célébration, la chaine fut déchirée et les intentions lues.

Les témoignages nous ont touchées et on pouvait sentir l’intensité de la prière. Nous sommes décidées à continuer à porter de l’espérance aux esclaves de notre temps et à les libérer à notre façon.

 

 

 

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