Mobilité, fermeture des politiques migratoires et élan de solidarité

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La mobilité fait partie de l’ADN de l’humanité

A travers les siècles et depuis le début de l’humanité, la mobilité a été un phénomène récurrent qui a aidé à introduire des nouveautés, des changements et à l’évolution des sociétés. La mobilité humaine fait partie intégrante de notre monde interdépendant.

La migration permet d’échanger des talents, des services, des compétences et des expériences. Si l’accueil des « autres différents » ne s’est jamais fait sans difficulté, le constat historique prouve qu’après une période d’adaptation, la migration a toujours apporté des bénéfices, tant aux sociétés qui accueillent comme aux personnes qui ont migré. C’est à partir de la migration que toutes les sociétés du monde se sont créés et consolidées.

Politiques migratoires actuelles

Aujourd’hui la migration demeure un sujet politiquement sensible. L’idée d’être des « citoyens du monde », les valeurs d’ouverture, de solidarité et d’entraide ne sont pas « à la mode » dans certains milieux et pays… Et pourtant la société et ceux et celles qui les forment deviennent de plus en plus conscients de l’interdépendance entre les sociétés, les êtres humains et tous les êtres de la planète Terre.

L’influence d’une extrême droite super-nationaliste a certainement un impact, mais le fait que les politiciens veulent avant tout être réélus, fait qu’ils essaient d’attirer une partie des nationaliste anti-migrants, ce qui joue fortement dans le déclenchement des idées erronées envers les migrants, leur nombre, leur influence, et leur poids dans l’économie et dans le budget national. Dans leurs discours les politiciens enclenchent un cercle vicieux, qui influence la politique gouvernementale et perpétue des attitudes négatives dans les médias et dans l’ensemble de la communauté.

Or souvent, la migration est un moyen facile de masquer des problèmes de société graves. Les peurs et les incertitudes de la population face à ses problèmes sont focalisées vers les migrants, qui deviennent des boucs émissaires, avec tous les dangers que cela comporte, tant pour les migrants que pour la société qui refuse de les accueillir.

Un autre fait qui influence ces attitudes de fermeture c’est qu’en général on voit davantage les défis et les difficultés de la migration que ses avantages et bénéfices. L’élaboration des politiques migratoires se fait plutôt à partir des craintes et des peurs suscitées par la migration qu’à partir des réussites des personnes qui ont amélioré leur vie et contribué au développement social et économique du pays d’accueil.

Équilibrer les points de vue sur les migrations, aborder les problèmes et développer des réponses adéquates sont en effet des défis pour tous les pays qui accueillent des migrants, surtout pour les pays développés.

Le fait qu’aujourd’hui les voyages et la communication soient devenus plus accessibles et plus faciles, font que la migration – sauf pour la migration forcée en raison de persécution ou conflit – n’est plus une décision pour la vie. Souvent des personnes vont dans un autre pays pour une période de temps, avec l’idée de gagner de l’argent et de revenir après quelques années.

« Crise de solidarité » et non pas « crise des migrants »

Dans les années 2015, 2016 la vague des migrations a augmenté dans presque tous les pays.  Les conflits en Irak, en Syrie, en Libye et en Erythrée, ont poussé des familles entières sur la route de l’exil au risque d’y laisser leur vie. Ce qu’on appelle parfois « la crise des migrants » n’est en réalité qu’une « crise de solidarité » Les grands écarts dans la répartition de la richesse, la situation économique, le chômage et surtout le manque d’opportunités dans beaucoup d’autres pays, ont augmenté les flux humains vers les pays voisins, ainsi que vers les pays plus développés que le pays d’origine. Pendant que beaucoup de pays voisins aux conflits et aux situations économiques difficiles ont été ouverts à l’accueil des migrants, la plupart des pays occidentaux ( les pays de l’Union Européenne, l’Australie et les Etats Unis) ont réagit avec des politiques de fermeture (négation du droit d’asile international, enfermement dans des camps de rétention, déportation massive, éloignement des frontières aux pays voisins…) et même avec des fermeture physique des frontières (construction des murs, retour au contrôle des frontières, augmentation de la police des frontières…).

Danger des politiques de fermeture

Les discours tenus par les responsables politiques ou par les médias laissent poindre un risque réel pour le « Vivre ensemble » pour la paix de pour le respect de toute culture et religion.

Les politiques migratoires de fermeture font que les migrants cherchent d’autres moyens, ayant recours au passage clandestin et aux ‘passeurs’ pour traverser ces frontières si bien gardées. Le résultat c’est l’augmentation des risques, des tragédies humaines et des morts. En 2015 plus de 3.700 personnes sont mortes en traversant la Méditerranée. En 2016 il y a eu 335.031 arrivées par la Méditerranée (plus ceux qu’on n’a pas pu comptabiliser)  et plus de 5.000 morts en essayant de la traverser.

La réponse des Églises

Le fort afflux des migrants des dernières années et surtout les politiques de fermeture ont produit dans la plupart des pays d’accueil un élan de solidarité dans la population en général, dans la société civile, et particulièrement au sein des communautés chrétiennes, invitées et encouragées en cela par les appels du pape François. Cet élan d’ouverture et de solidarité n’est pas transmis par les médias qui font l’oreille sourde à ceux qui sont pour l’accueil, de ce fait le seul son des cloches qu’on entend des médias c’est celui des opposants à l’arrivée et à l’accueil des migrants, ce qui contribue encore à la désinformation sur la réalité de la migration.

Comme conséquence de cet élan de solidarité, le nombre d’associations d’aide aux migrants a augmenté, ainsi que le nombre de volontaires et d’actions de solidarité envers les personnes en difficulté qui arrivent dans nos pays. Mais

Partout dans le monde, les Eglises fournissent des services aux migrants et aux réfugiés suivant le message de la Bible qui insiste sur la dignité de chaque être humain. Les étrangers sont les bienvenus et les personnes qui ont besoin de protection sont pourvues d’un abri. De nombreuses congrégations aident les migrants qui en ont besoin, quel que soit leur statut. Dans certains cas, ils ne chercheront pas d’informations sur leur statut. ‘Et si un étranger habite avec toi dans ton pays, tu ne le maltraiteras pas. Les étrangers qui habitent parmi vous seront pour vous parmi les nés parmi vous. » (Lévitique 19: 33-34)

il convient de garder l’exigence d’une même attention au respect de la dignité et des droits fondamentaux de toute personne, qu’elle soit française ou étrangère, migrant ou réfugié, avec ou sans papier. Soyons attentifs à cela dans la mise en œuvre des actions d’accueil et d’hospitalité des réfugiés qui arrivent.

 

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